— Pas sans savoir ce que vous me voulez.

Je continue à frotter la porte d’entrée avec l’ustensile pour faire croire que je me tiens tout contre.

Il y a un silence. Et, soudain, je souris en constatant que mon vieux flair est toujours de première qualité. Une fameuse seringuée secoue la porte. Un essaim de balles pénètre dans le vestibule et va secouer une potiche pseudo-chinoise qui trônait sur une console. La console aussi est chouravée. Aucune importance, elle était aussi tartouze que la potiche !

Je pousse un cri terrible. Puis, je me mets à geindre. Ça parlemente derrière la lourde. Puis une nouvelle giclée décarre, mais celle-ci est destinée à la serrure. Il y a bientôt un trou comme mon poing à la place de cette dernière.

Les flics poussent la lourde.

Ils s’attendent à trouver mon cadavre sur le tapis.

Je ne leur laisse pas le temps de revenir de leur stupeur. Vite fait sur le gaz, je farcis le mec à la Sten. Il bloque une valda dans la bouche. Celle-là, il n’est pas près de l’avaler. Il lâche son moulin à café et reste debout, l’air éperdument gland. A se demander s’il est vivant ou non.

Je fonce dans le tas sans attendre, car je viens de réaliser que Grane et son autre acolyte n’ont pas d’arme au poing. Je les bouscule sauvagement. Un coup de saton dans les valseuses de l’autre flic et il appelle sa mère à la rescousse. Je me retrouve nez à nez avec Grane. Il porte la main à son holster.

— Touche pas ça, fumier ! Je dis. Tu vas y passer et ça me fera un plaisir fou. Ah ! Tu m’as bien eu, avec tes manigances.

Je lève mon pétard, mais je me ravise.