Au lieu de lui tirer dans le battant, je lui tire dans une flûte. La canne brisée, il tombe. Un coup de pompe dans le portrait et me voilà libre pour quelques secondes.
Tout ça s’est déroulé en moins d’une minute. Je suis déjà dans l’ascenseur au moment où le branle-bas commence dans le building.
Vous dites que j’ai de la pulpe de pamplemousse dans les biscotos, les mecs ?
Cet ascenseur va vite, mais pas aussi vite que je le souhaite. Mon rêve, à l’instant même, ce serait un tapis volant avec tout le confort. Seulement, nous ne sommes pas en Orient !
Enfin, voici le hall. Je le traverse en galopant.
Voici le grand air !
Et voici, tournant la rue, une vache Delahaye munie d’un macaron. Je bondis. Un type d’une quarantaine d’années, assez corpulent, un peu chauve, esquisse un mouvement de parade.
— Ayez pas peur, dis-je. Je suis le commissaire San-Antonio. Vous arrivez à point, comme un pot d’eau fraîche près d’une bouteille de pastis !
En somme, dis-je, une fois dans le consulat, ici, je suis en territoire français ?
— Oui.