— C’est exact ! fait Maresco, frappé par une évidence.
— Ben ! Voyons… De la sorte, il savait qu’on étoufferait l’affaire grâce à vous. C’est un fortiche. Vous étiez sa victime et son protecteur. Il a pour assistante une petite garce qui est plus rouée que le diable. Elle a commencé par me vamper. C’est chez elle que je suis allé me planquer, comme un crétin, au petit jour. Je me fourrais ainsi sans le savoir dans la gueule du loup.
Je lui raconte le coup de tube de Cecilia, m’annonçant l’arrivée de Grane qu’il fallait laisser entrer.
— Il venait me flinguer comme un lapin, conclus-je, car, n’étant pas parti, je pouvais témoigner au sujet du pétard échangé et le mettre un peu trop en lumière. Mais j’étais sur mes gardes et ça a raté. Par exemple, j’ai descendu un flic. Ça fait trois viandes froides à mon actif. Alors, Maresco, on va faire un marché : vous amortissez la casse pour moi, tout rentre dans l’ordre. Et vous, vous vous expliquez gentiment avec Grane. J’aurais pu le crever, tout à l’heure, mais je ne l’ai pas fait… j’ai pensé que vous aimeriez… lui parler.
— Vous avez bien fait, me complimente Maresco. Soyez sans inquiétude pour vos petites frasques, j’arrangerai ça.
— En revanche, moi, je ne me souviens plus avoir trouvé de l’opium en cherchant un meurtrier.
Il sort son portefeuille.
— Voilà le restant de vos dix mille dollars, ainsi que vos papiers.
— Comment ! M’écrié-je, vous les avez apportés ici !
— La preuve.