— Si. Ce type doit aimer le pognon. C’est lui qui s’interpose entre les livreuses de noir et vous. Personne n’a jamais pu fournir de détail sur le tueur parce que c’est un flic. Ses coups, il les a faits en uniforme. Les filles ne lui résistaient pas et personne ne le remarquait. Pourquoi les tuait-il ?

Parce que, justement, il raflait la drogue en étant en uniforme. Ce qui constituait sa sécurité constituait aussi sa perte, s’il faisait grâce aux filles. C’est un combinard. J’ai compris qu’il était combinard lorsqu’il m’a avoué m’avoir fait venir de France pour me donner en pâture à la presse. Il a tissé ça contre vous de longue date. Il ne pouvait rien d’autre que ces coups dans l’ombre, car vous êtes un monument !

« C’est lui qui a dû corrompre le mec qui vous a fauché le carnet. Un jour, il a mis accidentellement le pif dans votre affaire de stups et ça l’a intéressé comme un chien qui renifle un gigot. »

Maresco m’écoute religieusement. Avec l’éclat de ses yeux, je pourrais penser qu’il gamberge à autre chose.

— Continuez, fait-il.

— Une de vos gonzesses a été dessoudée cette nuit, hein ?

— Oui.

— Elle l’a été avec un pétard français de 7,65 mm ?

— C’est vrai.

— Ce pétard est à moi. Grane me l’a échangé l’autre nuit contre le sien. Quand il a su que j’avais calté d’ici, il s’en est servi pour renforcer la légende du tueur français. Rappelez vos souvenirs, Maresco. Il a bien dû, au début de l’affaire, vous montrer les papiers écrits par vous ?