On se met à bavarder autant que nous le permettent nos vocabulaires restreints.
Mais la danse finit et elle se lève.
— Hé ! Une seconde ! Fais-je en lui tendant un second ticket.
Elle se dit qu’elle a trouvé le bon pigeon. Elle préfère bavarder en sirotant un verre plutôt que de remuer le prose contre des gars qu’elle ne connaît pas.
Au bout de six tickets, on est presque copains. Je l’ai fait marrer, ce qui est la première chose à faire lorsqu’on veut conquérir une femme, quelle que soit sa nationalité.
— On se voit, tout à l’heure ?
Bien sûr, elle ne pige pas illico. Je me souviens alors que j’ai un petit dictionnaire franco-anglais dans ma poche. Grâce à lui, je lui pose un rambour.
Elle l’accepte de bonne grâce. Elle finit son tapin à deux plombes du mat’, c’est-à-dire dans trois heures.
Moi, ça me laisse du temps.
— A deux heures, je serai devant la boîte, promets-je.