Et je sors.

J’ai le bocal gros comme une citrouille. Cette atmosphère irrespirable me chavire.

Un petit vent aigre balaye la strasse. Je respire profondément, histoire de purger mes poumons. Tout de même, ça ne vaut pas l’air de Paname !

Un taxi rôdaille par là. Je lui fais signe. Je sors ma liste et je lui donne l’adresse qui figure en haut.

Le mec se met à rouscailler comme une vache. Je comprends pourquoi immédiatement ; l’adresse que je lui donne est à deux cents mètres à peine. Pour lui obstruer le bec, je lui allonge un dollar et j’entre dans la nouvelle turne.

Celle-ci s’appelle : Cyro’s.

C’est du kif. Même ambiance, mêmes gens.

Je prends un seul ticket et j’inspecte le local. Entre nous et la place des Ternes, je ne vois guère ce qu’il peut y avoir à repérer ici. Des gens qui dansent, mornes et vides comme des sifflets ! Vrai, c’est d’un lugubre !..

Je vais au bar et je demande au barman s’il a du champagne. Il me répond oui. Et il s’annonce avec une bouteille dont l’étiquette est écrite en anglais, ce qui ne manque pas d’humour.

C’est de la pisse d’âne de dernière qualité. Il devait avoir du diabète, le bourricot. C’est fade, sucré, triste et pâteux.