Elle prend un ton très nonchalant pour demander :

— Je vous vois, aujourd’hui ?

— Évidemment, dis-je. Il est bien entendu que vous m’invitez ce soir, à neuf heures, à prendre un drink chez vous. J’ai votre adresse !

Je raccroche sans lui laisser le temps de retrouver ses esprits.

CHAPITRE IV

« Maresco (bis) »

Kedzie Avenue est en plein cœur de la ville. J’avise un mec occupé à ramasser des débris de papier ou des épluchures de fruits qu’il jette dans une sorte de tonneau à roulettes.

— Hello ! Je lui lance, the Maresco House, please ?

Vous vous rendez compte combien mon anglais se perfectionne ? Du reste, il n’hésite pas un quart de seconde et me désigne une bicoque qui conviendrait parfaitement à M. Ford pour monter une succursale.

Un immense dais bleu, clouté d’étoiles d’or, orne l’entrée. De part et d’autre de la lourde, il y a deux portiers galonnés. M’est avis que si le Maresco ne se prend pas pour le président des Etats-Unis, il ne se prend pas non plus pour l’excrément qui décore la bordure du trottoir.