Nous pénétrons dans un couloir bas de plafond. Au bout, il y a l’éternelle porte Private. Ce sont ces portes-là qu’un flic aime le mieux franchir.
Le Noir frappe. Un grognement lui répond. Ce grognement doit vouloir dire « entrez », car, sans hésiter, il ouvre.
J’aperçois un grand type brun et maigre derrière un bureau. Tout le monde vit derrière un burlingue, dans cette contrée.
Comme sale gueule, il faut aller loin pour trouver pire ! Il est bistre, il a le regard fuyant, les pommettes saillantes et un air faux-cul vaporisé sur toute la physionomie !
Il bondit et repousse un tiroir.
— Hello ! Fais-je. Je parie le dentier de votre vieille aïeule contre une douzaine de roses rouges que vous parlez français.
Il me toise d’un air inquiet.
— Oui, admet-il. Perqué ?
— Parce que vous êtes italien aussi et que vous avez vécu à Pigalle avant de venir aux U.S.A.
Je continue :