Je le gueule tellement fort que des passants se retournent.
Et je rajoute :
— Police !
Parce que c’est le mot qui a le plus de chance d’impressionner un honnête homme.
Le négus a fini par réaliser. Il ouvre la grille et je pénètre dans l’estanco.
Le coin est vaste, désert comme une cathédrale après les vêpres et en grand nettoyage. C’est le négus qui se tape la séance d’aspirateur avant de remettre les sièges en place.
C’est certainement lui qui a découvert le cadavre de la souris dans la cabine. Mais, comme il ne jacte pas une broque de français, je renonce aux questions.
Je sors mon dico de ma fouille et je construis des phrases comme on joue au puzzle.
En quelques minutes de cet exercice qu’il suit avec attention, je parviens à lui faire comprendre que j’ai besoin de voir le gérant de la taule, et de le voir rapidement !
Il sourit aimablement alors et m’entraîne solennellement vers le fond de la salle.