Je me suis penché et j'ai aperçu, semés sur l'asphalte, des petits objets métalliques, hérissés de pointes acérées.
— Ce sont des hérissons, m'a expliqué Mathias, un truc du diable qu'il n'y a pas mèche d'éviter. Ça rentre dans les pneus comme dans de la crème fouettée. Si nous étions passés dessus, nous allions comprendre…
Nous sommes descendus. J'ai ôté ma salopette et, m'en servant comme d'un balai, j'ai commencé à déblayer le terrain, aidé par mon ami et les voyageurs.
A ce moment-là, les types entrevus par Mathias sont sortis de derrière les arbres.
Ils étaient six qui se sont avancés sur nous. En tête du groupe marchait un homme presque roux, costaud et court des jambes.
— Et si nous foutions le feu à l'autobus ?a-t-il proposé d'une voix aimable, déformée par son accent polonais.
— Et si tu prenais ma main sur le groin ? a rétorqué Mathias.
Je me suis interposé.
— Allons, allons, que nous voulez-vous ?
Un autre type s'est avancé, il avait l'air gêné.