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Le maître de la « Citadelle » évoquait un notaire de Balzac. C'était un petit homme triste et frileux auquel on ne savait à première vue donner un âge, une profession, un caractère, un niveau social.

Vêtu de velours vert, coiffé d'une sorte de bonnet rond, le visage émacié, l'œil pâle et anxieux, il ressemblait à Van Gogh. Ce personnage ne possédait certes pas le physique de sa fortune. Quand nous sommes arrivés, il était à la cuisine en train de fumer un cigare, assis dans un immense fauteuil, apparemment indifférent aux cris et gémissements venant de l'étage supérieur.

— Vous voilà tout de même, docteur, a-t-il murmuré sans même se lever. Avec vous, on a le temps de claquer cent fois.

Sans répondre, le vieillard s'est engagé dans le monumental escalier de bois, et nous nous sommes retrouvés seuls avec Maurois et son employé.

— Il était saoul, je parie ? a questionné le maître de la Citadelle. Qui sont ces gens ? a-t-il enchaîné en nous désignant du doigt.

Le secrétaire a relaté le rôle que nous avions joué. Maurois nous a regardés d'une manière plus attentive.

— Merci. Vous êtes des touristes ?

— Si l'on veut.

Une fois de plus, j'ai débité notre petite romance.