« Je lui ai répondu qu’il devait être aux toilettes. Il a attendu un moment. Puis il est descendu voir. Il est remonté en courant, il s’est précipité au-dehors et a couru à une voiture en stationnement. Il a parlé au chauffeur. Il est revenu, a attendu encore… Puis il est parti…

— O.K., merci.

Je lui allonge une demi-jambe avant de disparaître. Ce qu’il vient de m’apprendre me fournit au moins une indication : c’est pour échapper à son compagnon de table que le gars s’est déguisé en femme. Ou plutôt non, ça n’est pas à son compagnon qu’il voulait échapper, cela lui était facile puisque l’autre s’est absenté un bon moment. C’est l’autre qu’il a voulu doubler : celui qui attendait dans la rue au volant d’une bagnole. Peut-être était-ce un piège qu’on lui tendait. Seulement il le savait et il avait prévu le remède. Oui, pour une fois je brûle…

Gerfault, qui était acteur, a eu la déformation de l’acteur pour se débiner, il a tout de suite pensé à quelque chose de théâtral : un déguisement…

La poitrine me fait mal comme si j’avais une lampe à souder braquée sur le cœur.

Je passe chez un pote à moi qui est pharmago.

C’est un bon truand avec qui je faisais la java lorsque j’usais mes fonds de bénard sur les bancs de lycée.

Il tient une officine dans le quartier Saint-Laga.

— Tiens ! s’exclame-t-il en s’arrêtant de broyer des trucs dans un creuset, voilà le superman numéro un ! La dernière émission du flic qui vient de sortir… Pas encore mort ?

Il m’embrasse.