A l’attaque ! Si je jouais aux gros bras, moi aussi ?

CHAPITRE X

UN MONSIEUR BIEN QUI BOIT DU VICHY-FRAISE…

Je retourne à la grande taule afin de collationner les divers renseignements que j’ai demandés.

J’apprends d’emblée qu’un câble est arrivé de Genève pour moi. Il dit textuellement ceci : prenez vos besicles, les potes, si vous avez du jeu dans les châsses :

Police Genève à commissaire San-Antonio, Paris. Deux personnes ont demandé Mme Fouex, à l’hôtel Monseigneur, un jeune homme blond, élégamment vêtu, et un homme de forte corpulence ayant l’arrière-droit du crâne rasé, suite probablement accident. Les deux hommes, arrivés à quelques heures d’intervalle, ont pris une chambre l’un et l’autre, mais n’y ont presque pas séjourné. Homme tête rasée a beaucoup questionné personnel. Retrouvons sa trace dans immeuble habité par standardiste. Sommes sans nouvelles d’eux. N’avaient pas encore rempli de fiches lorsqu’ils sont repartis.

Je relis le message deux ou trois fois. Si je ne suis pas paralysé des cellules grises, j’en conclus que les deux hommes poursuivaient le même but sans se connaître. Que l’un et l’autre ont pris une piaule au « Monseigneur » simplement pour être à proximité de la chambre du drame et pour pouvoir la fouiller. Que l’un des deux, le fameux Crâne-pelé, était plus dégourdoche que l’autre, puisqu’il a fait une enquête auprès du personnel et pensé à questionner la standardiste de nuit, et que c’est certainement lui qui l’a ramenée en France dans l’espoir qu’elle m’identifie… Donc Crâne-pelé est l’assassin de la gosse et a failli être le mien par la même occasion.

J’en suis là de mes réflexions lorsque le chef me fait appeler.

J’arrive. Je lui raconte la suite de mes aventures et je la boucle pour lui laisser le temps d’assimiler tout ça.

Comme prévu, il se masse la théière et tire sur ses manchettes. Il paraît soucieux.