— Rien de plus déplaisant que le regard noir d’un revolver, vous êtes bien de cet avis…
— Personnellement, oui.
— En ce cas, suivez bien ce que je vous dis : vous allez prendre votre arme et la glisser par l’une des fentes de la porte de façon qu’elle tombe entre la porte à claire-voie et la plaque de blindage, vous comprenez ?
— Je comprends…
— Alors, faites !
Un déclic brutal me meurtrit le tympan.
Je regarde autour de moi. J’avise dans le placard un petit flacon plat contenant de l’huile de paraffine. Je m’en saisis et je vais le glisser entre les fentes de la porte à claire-voie. Puis je me plaque de côté, le feu à la main… Je suppose que les gars attendent le heurt de mon arme. Ils ont perçu le bruit produit par le flacon. Ils vont au moins entrouvrir la porte blindée pour vérifier si c’est bien mon revolver que j’ai jeté.
Si je suis assez marle, je tirerai immédiatement. Il est probable également que mes zèbres seront hors de portée, mais, dans le silence de la nuit, le bruit des coups de feu ne peut passer inaperçu.
J’attends… Rien ne se produit du côté de la porte. La sonnerie du téléphone de bord retentit.
J’hésite à y aller mais la sonnerie continue et je me décide.