— Avez-vous tellement intérêt à jouer les hommes forts ? questionne-t-il doucement. Croyez-vous qu’il soit l’heure de persifler ?
— Je ne persifle pas le moins du monde. Ayant surpris un homme qui se déguisait en femme, je me suis mis à le suivre. N’importe quel flic aurait agi de la sorte. N’importe lequel ne l’aurait peut-être pas suivi jusqu’en Suisse, je vous l’accorde, mais j’ai un côté très chien de chasse, vous savez.
Il hausse les épaules.
— Après tout, pourquoi ne me satisferais-je pas de cette explication ? murmure-t-il.
— Oui, je renchéris, pourquoi ? D’autant plus que je n’ai aucun compte à vous rendre, n’est-ce pas ?
Il ne réagit pas. Je ne sais si ce coup d’épingle a porté.
— Bon, reprend-il. Vous l’avez donc suivi, et alors ?
— Alors, j’ai pris une chambre voisine de la sienne. J’ai attendu… Il y a eu une détonation et j’ai vu qu’il s’était suicidé… Je suis rentré à Paris.
— Pas si vite ! s’écrie-t-il. Vous avez le sens du raccourci. Ce que vous me racontez là est un digest de votre activité à Genève. Puisque vous avez ménagé des trous dans votre compte rendu, je vais essayer de les combler.
Il toussote :