— Ça ne vous ennuierait pas de vous expliquer un peu ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de disque ?

Il paraît très agacé.

— Dieu ! que de temps perdu… Pour arriver à quoi, je vous le demande ?

« Commissaire San-Antonio, dans la chambre de l’hôtel où vous étiez, vous avez percé un trou. Cet orifice vous permettait d’observer les faits et gestes de Gerfault. Vous l’avez vu se suicider, mais, auparavant, vous l’avez vu cacher ce disque. Et vous vous en êtes emparé… Qu’en avez-vous fait ? Il nous le faut… »

— Je ne sais pas du tout de quoi vous voulez parler !

Alors l’homme aux cheveux gris se tourne vers Crâne-pelé, le nommé Banski.

Celui-ci n’a pas bronché depuis le début de cette conversation. Il est demeuré sagement assis sur sa marche, suivant le dialogue et les faits et gestes en caressant son revolver.

— Banski, dit mon ravisseur, le commissaire ne sait pas de quoi je veux parler…

L’homme se dresse lentement. Il s’approche de moi, massif et menaçant. Instinctivement je me mets en garde ; il paraît ne pas voir cette attitude défensive.

Avec une promptitude inouïe, son bras se détend et je reçois le tranchant de sa main en plein sur le cou. J’en ai le souffle stoppé net. Pas moyen de le retrouver… Aujourd’hui c’est le sale jour pour mes poumons… Je suffoque, je me tords… Je tombe de mon siège…