Et ça me dope… Je fonce…
Tout à coup, mon fardeau remue faiblement les bras…
Je n’y prends pas trop garde, car, dans la position où je le maintiens, il ne peut pas faire grand-chose… C’est du moins l’illusion dont je me berce. Car cette carne me joue le plus vilain tour qu’un type m’ait jamais joué.
Sa perte de conscience n’était qu’un piège… Je le comprends par la suite… Il voulait m’endormir, me faire croire qu’il avait son compte et que, lorsqu’on trimbale un homme sur son dos, la tête en bas, on est maître absolu de son destin…
Pendant ce temps il poursuivait sa petite idée…
Il a récupéré son briquet (et je me souviens que c’est un truc au butane) et cette dégénérescence de fumier de lapin n’a rien trouvé de mieux que de foutre le feu à mes fringues !
C’est ce qui, en boxe, équivaut à un coup bas car je suis imbibé d’essence comme une éponge.
En un clin d’œil je suis transformé en torche.
Ce moment-là, sur mon lit de mort, et en admettant que je vive jusqu’à cent dix ans — ce que j’espère fermement — je ne l’oublierai pas. Jeanne d’Arc, c’est moi… En plus embrasé ! Dans de telles conditions, il faut moins de soixante secondes à un bonhomme pour griller.
Comment vous les aimez, les matuches ? Saignants ou à point ?