— Cent trente-cinq R-7 !

Je mets un bout de temps à comprendre que c’est moi qui les prononce, ces mots…

J’ouvre les yeux… Cela me demande un terrible effort…

Le jour entre en moi comme une vague chaude… Je vois un gris lumineux, puis du blanc, un blanc lisse.

Je suis couché. C’est doux… Je flotte sur un nuage.

Je n’ai mal nulle part. Tout est tranquille en moi et autour de moi. Tout est suave… Je dérive lentement, poussé par une brise odorante de printemps… Et tout en dérivant, je répète avec une ferveur totale :

— Cent trente-cinq R-7.

Je respire normalement, librement…

La vie me caresse comme une femme bienveillante.

Et en effet il y a une main de femme sur mon front.