— J’ai pensé que cette femme était peut-être celle qui vous a ravi le disque. Le signalement correspondrait assez. C’est pourquoi il est indispensable que vous la voyiez.

— Compris…

Il ajoute :

— Je ne partage pas du tout le scepticisme de nos amis d’outre-Atlantique… Il est vrai qu’ils sont sollicités à chaque instant par des quémandeurs avides de dollars qui leur proposent des choses plus ou moins fumeuses…

La première personne que nous apercevons en arrivant à l’ambassade, c’est le grand rouquin maigre et hostile aux lunettes sans monture.

Il me considère comme s’il ne m’avait jamais vu, même en photographie sur les flacons du sirop des Ardennes.

Il est à un bureau large comme un terrain de football et il se contente d’incliner sa tête d’anormal.

La lourde s’ouvre et Johnson, le jeune attaché d’ambassade que j’ai vu hier, entre, les mains tendues.

Il me regarde avec le même air de ne pas me reconnaître.

Voilà qui me turlupine. Drôles de façons décidément…