J’ai l’explication de ces attitudes : c’est un miroir qui me la fournit, pas surprenant du tout que ces mecs ne me reconnaissent pas ; Félicie non plus ne me reconnaîtrait pas car je ressemble à une aubergine. Ma peau est d’un violet bon teint, je n’ai plus de sourcils, plus de cils et ma fine moustache est complètement carbonisée…
Je suis obligé de refaire les présentations…
Johnson fait la grimace.
— Vous avez passé la nuit dans un brasero ! sourit-il.
— A peu près, je fais.
Nous nous mettons à jacter de l’invention. Johnson est formel : c’est du bidon. En général les vrais inventeurs qui proposent de vraies inventions s’y prennent autrement.
Cette démarche d’une femme ressemble à un coup louche. Il l’attend et va la recevoir dès qu’elle se présentera, c’est-à-dire dans quelques minutes, pour lui dire que le gouvernement U.S.A. ne lâchera jamais cent sacs sur du vent.
— En somme, fais-je remarquer, vous acceptez que Paris serve de cobaye…
Il sourit.
— Primo, dit-il, je n’ai personnellement rien à accepter ni à refuser. Deuxio, nous ne pouvons agir plus honnêtement qu’en prévenant les autorités françaises de cette menace…