Lui, malgré mes petites transformations physiques, me reconnaît sans hésiter…
Je ricane…
— Une surprise, hein ? Maintenant, mon petit bonhomme, il ne te reste plus qu’une chose à faire, c’est te mettre à table comme un grand garçon avec ta serviette autour du cou.
Il est livide, ses chailles claquent comme si on lui avait glissé des castagnettes dans la margoulette.
— Remets-toi, Toto, je lui dis, et réponds à mes questions. Pour le compte de qui travailles-tu ?
— M. Muller…
— Bon, et M. Muller, pour le compte de qui travaille-t-il ?
Il paraît surpris.
— Mais je… Pour lui ! Il devait… C’est lui qui doit négocier la vente du détonateur… Et puis on lui a… A l’ambassade américaine…
Il hoquette. Il parle sans prendre garde à ce qu’il bafouille. Il regarde sa main, sa main ruisselante de sang. Sa main avec laquelle il ne pourra jamais plus presser la détente d’un feu.