Seulement, elle a le béguin pour le fils du patron, un jeune gland qui fait du cheval et pilote des Mercedes-Benz, l’amour la titille tellement qu’elle devient coquette, ôte ses lunettes, se fait faire une permanente chez Georgel et devient la plus sensationnelle pin-up de la création.

Le militaire qui est assis à mes côtés en a des frémissements dans la fourragère…

Je sais pas comment finit le film car j’en écrase avant la deuxième bobine, mais je vous parie le grand cañon du Colorado contre un lapsus linguae de M. Jean Nohain qu’elle va se marida avec le fils du patron ; c’est dans la poche, que dis-je ! dans l’alcôve !

Je me réveille lorsque l’ouvreuse me flanque un esquimau dans l’œil en le tendant à mon voisin le militaire.

Je regarde le cadran lumineux fixé à droite de l’écran. Six heures…

Juste le temps de passer à la grande turne avant mon rencart.

Je suis heureux d’y retrouver Castellani. C’est un petit gars de l’espèce chien fidèle, qui est bigrement utile à un type comme le gars San-A.

Il ouvre la bouche en me voyant.

— Que vous est-il arrivé, monsieur le commissaire !

— Je te raconterai ça une autre fois. Tu es libre ?