Derrière nous, une bagnole, celle qui nous a embouti une aile sans doute, pédale à toute volée, son avertisseur bloqué.

Son conducteur n’entend pas être repassé et veut son constat.

A la première dérivation pour Versailles, nous quittons l’autoroute. La fille blonde prend à droite, en direction de Vaucresson, descend la pente rapide conduisant à ce bled et se carre à mi-côte dans l’entrée d’une propriété. Elle remonte la large allée serpentant à travers un boqueteau et stoppe devant une maison cossue, hermétiquement close.

La manœuvre a été si rapide que l’automobile suiveuse n’a pu s’y repérer, et a dû tourner dans la rue avant la propriété…

— Levez les bras ! ordonne Muller.

J’obéis.

— Prends-lui son revolver, ordonne-t-il à la fille.

Elle glisse sa main racée par l’ouverture de ma veste et s’empare de mon arme.

Puis elle descend de voiture après avoir éteint les phares et vient m’ouvrir la portière en tenant mon feu braqué sur ma poitrine.

Décidément, je suis sérieusement contré.