Ça craque dans ma tête… Je vois un feu d’artifice somptueux, comme ils n’en tireront jamais pour aucun 14 juillet ! Toutes les cloches de toutes les églises se barrent à Rome en carillonnant comme des paumées !

Dans le fond, c’est assez joli…

Et puis les étincelles de mon feu d’artifice portatif s’éteignent, les cloches deviennent silencieuses et, à leur place, il y a un tintamarre de klaxons…

Je reviens de mon étourdissement comme d’un voyage de noces, épuisé et repu.

— Si vous faites un geste, un seul, hurle Muller, je vous abats comme un chien enragé…

Je me rassieds.

Mes yeux cliquettent comme une bagnole dont l’avance à l’allumage est mal réglée.

Pour me réconforter, Muller me met plusieurs ramponneaux très secs aux tempes.

— Arrêtez le massacre, je lui fais.

Et j’essaie de rajuster mes yeux en face de leurs trous respectifs. J’y parviens tant bien que mal, juste assez néanmoins pour comprendre que nous sommes sortis du tunnel et que nous fonçons à au moins cent trente à l’heure sur l’autoroute.