Mon zouave est allongé en travers du lit.
Il est plus mort qu’un steak au poivre. La balle tirée à bout portant lui a fracassé le côté droit du bocal. Il est clamcé sur le coup.
J’examine attentivement ce qui reste de sa tirelire… Non, je n’ai jamais vu ce portrait. Méthodiquement, je fouille ses fringues. Je suis certain que la pochette de toile contient autre chose que le revolver et le petit disque. En effet, pour passer la frontière, il a dû montrer des papiers. Il y a une poche intérieure à sa robe. Cette poche contient du fric : une superbe liasse de billets de 100 francs, en tout trois mille francs… Au milieu de la liasse est une carte d’identité délivrée à Germaine Fouex, 12, rue de la Pompe, Paris. Née le 3 janvier 1900, à Nevers. Le revolver est un revolver courant, comme on en trouve chez tous les bons armuriers de France et de Navarre.
Le détective de l’hôtel me regarde inventorier tout ça avec une mine réservée et un tantinet réprobatrice.
— Puis-je alerter la police helvétique ? me demande-t-il d’un ton glacé.
— Faites.
Il va au téléphone. Ça ne m’arrange pas car je voudrais rester un moment seul dans la pièce.
— Non ! crié-je comme il tend la main pour s’emparer de l’écouteur.
— Pardon ?
— Téléphonez plutôt de ma chambre.