Je désigne l’appareil et je fais, mystérieusement :

— A cause des empreintes, vous comprenez ?

Comme il a des gargouillis dans la matière grise, il ne songe pas, qu’ayant le type sous la main, nous nous moquons bien des empreintes qu’il peut laisser sur l’ébonite d’un poste téléphonique…

Il sort pour aller dans ma chambre. Alors, comme l’a fait précédemment le défunt, je traîne une chaise auprès de l’armoire, je grimpe dessus et je promène ma main sur le meuble.

On a beau être en Suisse, pays de la propreté, je ramène pas mal de linons et de poussière avant de mettre la main sur le disque.

Lorsque je le tiens, je le glisse dans ma fouille et je m’accoude au montant du lit pour refiler un dernier regard au mort.

Je regarde ses mains. Elles sont fines, bien entretenues. Pas du tout des pognes de terrassier…

Il peut — ou plutôt il pouvait — avoir une trentaine d’années, Frégoli. A priori, je l’estimais plus vieux.

La partie convenable de son visage reflète une sorte de douloureuse surprise…

Quel mystère abrite cette mort récente ?