— Maintenant, je voudrais vous demander un service : pendant quelques jours, j’aimerais que vous fassiez surveiller l’hôtel de façon à ce que toute personne demandant une certaine Mme Fouex soit aussitôt identifiée, c’est possible ?

— Parfaitement possible, monsieur le commissaire, vous pouvez compter sur nous !

— Bon, merci…

Une demi-heure plus tard, ils ont embarqué le cadavre par la sortie de service. Un larbin vient remettre la turne en état.

Je dois presque me pincer pour m’assurer que je n’ai pas rêvé cette histoire. Mais non : tout s’est bien passé comme je viens rigoureusement de le raconter…

Je pose ma veste, mes godasses et je m’allonge sur le pucier. Je sors le disque récupéré sur l’armoire et je l’étudie. C’est une rondelle de métal. On dirait du chrome, elle est percée de plusieurs trous minuscules, lesquels affectent des formes diverses. Certains sont en étoile, d’autres en croissant, d’autres décrivent des motifs bizarres.

Je tourne et retourne le disque entre mes doigts. Vraiment, je ne peux en deviner l’utilisation. Pourtant, il en a une. On ne s’amuse pas à fabriquer pour le sport une pièce aussi baroque. Et il représente quelque chose puisque, avec un revolver, il constituait tout le bagage d’un homme passant à l’étranger et puisque, surtout, cet homme le dissimulait avant de se donner la mort.

Tout ça m’a l’air d’un compliqué…

Je remets le disque dans mon mouchoir. Je fais un nœud au mouchoir pour ne pas risquer de perdre l’étrange rondelle et, après avoir convoqué ma précieuse personne à une conférence ultra-privée, je décide que je n’ai pas la moindre envie de dormir et que je serais cent fois mieux au bar de l’hôtel à siroter un verre de quelque chose plutôt que de me morfondre dans cette piaule. Rien n’est plus sinistre qu’une chambre d’hôtel lorsqu’on n’a pas sommeil et lorsque aucune souris ne vous y tient compagnie.

Je me refringue et je descends. Le bar est fermé. Le type de la réception pionce. Je contourne le hall et j’avise une pièce dont la porte est entrouverte. Au-dessus de l’entrée il y a marqué : TELEPHONE.