— Non, pas du tout.

Cette fois pas d’erreur : la petite grenouille se paie mon parapluie !

CHAPITRE IV

J’ARRACHE SON SECRET A UN GLAÇON… APRÈS QUOI JE LE FAIS FONDRE

Maintenant, je vais vous expliquer comment j’ai levé le lièvre « standardiste ».

C’est à la fois très simple et très complexe. Ça m’est venu en regardant le mort. Au cours de ma carrière, j’ai appris à devenir physionomiste et aussi anthropologiste. En regardant un mec, je devine sa nationalité. Ainsi, vous ne me feriez jamais prendre un Polak pour un Rital, ni un Anglais pour un Allemand. Mon mort, je le sais, je le sens, était français ; et même, au risque de passer pour un lavedu, je vous affirmerai qu’il était parigot.

Bon. Sur ce, la standardiste vient me bonnir que le gnace qui le demande se met à jaspiner avec lui dans un langage qui n’est ni du français, ni de l’allemand, ni de l’anglais, ni du rital… C’est là que je tique ! Là que mes rouages se bloquent ! Parce qu’un Français n’est, en général, pas plus doué pour les langues étrangères qu’un escargot pour la course à pied. Les rares langues qu’il jaspine sont justement celles mentionnées plus haut… En tout cas, je vois mal un gars de chez nous parler le langage secondaire tel que nordique comme le prétend la souris du bigophone.

Mon turf, c’est de voir le mal partout. J’ai donc fait la réflexion suivante, toujours en reluquant le cadavre, tandis que nous attendions la police :

— Cet homme a parlé en français à son interlocuteur. Je n’ai pas entendu ce qu’il disait, mais j’ai vu remuer ses lèvres et elles proféraient des mots français ! Alors pourquoi la standardiste aurait-elle dit qu’ils avaient eu une conversation dans une langue étrangère ? Parce qu’elle avait entendu la communication et qu’elle ne voulait pas me la retransmettre. Et pourquoi a-t-elle prétendu que cette langue n’était ni de l’anglais, ni de l’allemand, ni de l’italien ? Simplement parce qu’elle a été engagée dans cet hôtel à cause de sa connaissance de ces langues usuelles et que je n’aurais pas manqué de l’apprendre. Elle a pris les devants en me disant qu’elle les parlait mais que le langage employé par les correspondants était inconnu d’elle…

Et la suite des événements m’indique que j’ai eu raison.