Elle est debout en un éclair. Elle me regarde, pousse un cri terrible et ses yeux s’écarquillent tellement que ses roberts vont dégringoler sur le plancher.

Comprenez bien ce qui se passe dans son cabochon : elle ignore que je suis le flic français. Pour elle, je suis le type somme toute mystérieux qui est venu lui demander dans la nuit des nouvelles de Mme Fouex. Et ce type mystérieux tient un revolver !

Je pense qu’elle doit avoir davantage les flubes devant un gangster que devant un policier…

J’aurais fait un excellent comédien car j’entre illico dans la peau des personnages que je veux interpréter.

Je m’approche de la môme terrorisée et je lui flanque une double mornifle en aller-retour.

— Ceci pour t’apprendre à ne pas mentir à des types comme moi, ma beauté.

Elle tremble comme un feuillage en automne.

Elle doit sentir venir sa dernière heure.

D’une bourrade, je la pousse à la renverse sur le paddock.

— Pourquoi m’as-tu bourré le mou ? je lui demande.