J’entreprends une caravane de reconnaissance à moi tout seul et je la paluche un peu. Elle ne dit rien.
Je pousse un peu mon avantage et je vois que ce glaçon ne demande qu’à fondre.
Je lui fais alors une gentille séance de mains à mains comme vous n’en verriez jamais dans les meilleurs music-halls.
Elle pousse des petits râles qui me fouettent les sangs. C’est drôlement agréable de faire une séance de dressage avec une panthère comme ma miss Téléphone.
Lorsque je l’abandonne, elle est étendue en travers du lit où quelques heures auparavant s’est suicidé le fameux Georges.
Elle est presque dans la même position, seulement elle est tout ce qu’il y a de vivante… Je viens d’en avoir la preuve.
Je me redresse.
— Ecoute, ma poulette, on se reverra peut-être un de ces quatre matins… Ce sera toujours avec le plus grand plaisir. Mais avant de tirer ma révérence je vais te donner un conseil : ne cherche jamais à doubler un policier français.
Je lui montre ma carte. Elle est absolument sidérée.
— Ils ne sont pas faciles à posséder, les gars de la grande taule, ma jolie, ne les prends pas trop pour des gardes champêtres.