J’éclate de rire et je la laisse à sa stupeur.

L’un des flics genevois de la nuit m’attend à l’aéroport. Il tient une grande enveloppe sous le bras.

— Voici les photographies, monsieur le commissaire, j’espère que vous les trouverez bonnes.

— Merci, vous êtes gentil.

Un haut-parleur appelle sur l’aire de départ les voyageurs pour Paris. Je serre la dextre du collègue et je me trotte.

J’étais parti les mains vides et je rentre vingt-quatre heures plus tard avec les photos d’un mort, une carte d’identité qui doit être fausse, le souvenir d’un bon moment passé avec une souris, un disque mystérieux qui a, paraît-il, de la valeur et, planté au milieu du crâne, le plus gigantesque point d’interrogation qu’on puisse imaginer.

CHAPITRE V

JE PRENDS OFFICIELLEMENT LES CHOSES EN MAIN. ELLES NE S’ÉCLAIRCISSENT PAS POUR AUTANT

Le chef écoute mon rapport sans broncher.

Au fond, ça n’est pas d’un rapport qu’il s’agit car j’ai agi de ma propre initiative et, dans cette affaire, je n’ai de comptes à rendre à personne.