Seulement ce truc qui, au départ, était une espèce de divertissement de flic en vacances, prend des proportions qui me dépassent.

Le chef, je vous ai souvent parlé de lui, est un grand mec entre deux âges, mais plus près du second que du premier. Il est grand, élégant, racé et chauve comme un flan à la vanille.

Il passe fréquemment sa main fine sur son massepain et ses yeux bleus se diluent dans l’infini.

Enfin il me regarde, semble prendre conscience de ma présence et sourit.

— San-Antonio, dit-il, je n’ai jamais vu un garçon comme vous. On dirait que les aventures les plus extraordinaires naissent sous vos pas.

Il se lève, arpente son bureau et va se jucher sur le chauffage central. On dirait qu’il veut se faire cuire à la coque avec son caillou déplumé.

— San-Antonio, reprend-il, je vous connais trop pour vous enlever un os de cette importance. Je vais confier à Bérurier l’affaire des faux timbres portugais. Occupez-vous de cette histoire. Vous pourrez dresser votre note de frais et y porter notre voyage à Genève. Tout ça n’est peut-être pas de notre ressort, à mon avis c’est du boulot pour la P.J., mais peu importe. Nous serons toujours à temps de les mettre dans le coup le moment venu.

Il ramasse le disque posé sur son tampon-buvard.

— Curieux objet, fait-il.

Il me le tend.