Je ne me suis pas trompé : c’est bien une femme qui se tient derrière la porte. Comme elle se trouve à contre-jour, ou plutôt à contre-lune, je ne puis distinguer son visage.

De l’autre côté de la rue, une automobile est arrêtée. Je vois tout ça brièvement parce que j’ai l’habitude de considérer la vie d’une façon globale.

J’ouvre la portelle.

— Qu’est-ce que c’est ? je demande.

La femme me dévisage rapidement.

Puis elle tourne sa tête du côté de l’automobile arrêtée.

— Venez ! crie-t-elle, c’est bien lui !

J’éprouve simultanément deux impressions : la première est que j’ai déjà entendu cette voix quelque part, la seconde que ça ne tourne pas rond dans le secteur.

Je vois un machin long sortir par la portière. Gare aux taches !

Ce machin, c’est le canon d’une mitraillette. Lorsqu’un type passe le canon d’une mitraillette par la portière de sa voiture, c’est qu’il a de drôles d’idées en tête. Auquel cas, la meilleure conduite à adopter est de se propager dans un coin abrité.