Je me casse en deux et je recule d’un bond jusqu’à la porte.
Le type déclenche sa sulfateuse. Il balaie posément le paysage de gauche à droite, puis de droite à gauche.
Une volée de balles gifle l’air à deux millimètres de ma tirelire.
M’est avis que j’ai eu une bonne idée de me courber.
Une nouvelle cabriole et je suis à l’abri d’un vantail inférieur de la portelle. Comme celui-ci est en fer, je n’ai pas grand-chose à redouter…
En général, les types qui vous lâchent de la quincaillerie en gros se hâtent de filer dès qu’ils ont accompli leur rodéo. Lui, non.
J’entends plusieurs petits déclics successifs, et pour un gars averti comme je le suis, ça veut dire que le mec met un nouveau chargeur dans son magasin.
La portière de la bagnole claque. Il y a un bruit de pas sur la route…
Pas de doute, le mec veut en finir avec San-Antonio. Il a vu que notre pavillon était à l’écart de l’agglomération et il risque tout pour avoir ma peau.
Ce qui me contriste, c’est que je n’ai pas le moindre revolver à portée de la main.