Me voilà parti au pas de course sous l’immense verrière. J’arrive à temps au quai B pour voir ma proie escalader le marchepied d’un wagon.

Un coup de sifflet ! Un gnace de la compagnie qui agite son morceau de ferraille rouge. Et le train pousse un soupir.

Décidément, il était temps.

J’attrape la première barre de cuivre venue. Je me hisse dans un wagon. Je remonte les couloirs jusqu’à ce que j’arrive devant le compartiment où se tient l’ami Frégoli. Je tire la porte à glissière.

J’imite le type vachement essoufflé.

— Bonsoir ! je m’exclame, il était temps !

Je fais un sourire à la ronde et je dis joyeusement :

— C’est bien le train pour Genève, au moins ?

Un murmure d’acquiescement me répond.

Je me laisse choir sur la banquette, en face de cette brave dame.