Nous sommes sans doute les deux seuls voyageurs du train à ne pas avoir de bagages !
CHAPITRE II
Y A DES MECS AUXQUELS LA VIE D’HÔTEL NE CONVIENT PAS ET QUI SUPPORTENT MAL LES COUPS… DE TÉLÉPHONE
Je ne connais pas de ville plus sereine que Genève. On sent que dans ce bled on n’a pas fait la guerre depuis des temps immémoriaux ! Et on a bien raison du reste.
Ma filature continue dans les rues animées de la coquette cité…
Ma dame d’un certain âge paraît beaucoup plus à son aise depuis que nous avons franchi la frontière. Elle est moins furtive, moins anxieuse… Elle marche calmement sur les trottoirs grouillants, d’un pas de flâneuse.
Elle bigle les vitrines illuminées, hume l’air salubre qui tombe des hauteurs environnantes. On dirait un poisson qui vient de retrouver les grands courants après un séjour prolongé dans un bocal.
Ça n’est pas duraille du tout de la suivre.
On traverse une partie du patelin et elle s’engouffre dans le hall d’un somptueux hôtel.
Je me garde bien d’y pénétrer à sa suite car, maintenant qu’elle me connaît, elle pourrait trouver singulier qu’un de ses compagnons de voyage débarque dans le même hôtel qu’elle.