A travers les vitres de la porte-tambour, je la vois parlementer à la réception. Elle remplit une fiche et un groom galonné comme un chef d’état-major haïtien la guide jusqu’à l’ascenseur.

Une fois que la cage d’acier a disparu, je rentre dans la boîte. Je vais à la réception où se tient un vieux zigoto raide et gourmé, un peu moins chevelu que Yul Brynner.

Il s’accoude majestueusement sur un registre aux formidables dimensions. Il me regarde d’un air sévère et douloureux et questionne, avec la voix du type qui consent à vous prêter dix balles pour finir le mois.

— Monsieur désire ?

Je tire mon porte-cartes et l’ouvre au volet contenant ma carte de police.

Je lui cloque sous le pifomètre.

— Police française, dis-je. Je surveille la personne qui vient d’arriver.

— Cette dame ? demande avec hauteur l’employé.

— Oui… Voulez-vous avoir la bonté de me montrer sa fiche ? J’aimerais savoir sous quelle identité elle s’est présentée.

L’employé ne doit pas aimer les flics car il a une moue méprisante que je voudrais pouvoir découper dans son visage avec un sécateur.