Je fais appel aux bons offices de mon petit ustensile des familles. Rappelez-vous que le gars qui a mis ce truc au point n’avait pas lu la recette dans « Rustica ». C’était un doux monte-en-l’air qui avait fait de la serrurerie dans son jeune âge et qui en avait de beaux restes.
Pourtant, à ma profonde stupeur, bien que le pêne ait obéi à la pression de ma clé, la porte refuse de s’ouvrir.
Lorsque vous avez actionné la serrure d’une lourde et que celle-ci s’obstine à rester fermée, vous pouvez parier un voyage à Lisbonne par Air France contre un vieux furoncle d’occasion qu’un verrou la tient maintenue. S’il y a un verrou tiré, c’est que quelqu’un occupe les lieux, y a pas de raison que je ne me fasse pas ouvrir. Pas besoin de s’appeler Archimède pour faire ce raisonnement, non ?
Je retire doucement mon outil du trou de la serrure et je secoue l’anneau de la sonnette.
Ça fait dring-dring.
Un silence. Je secoue encore le pied de biche.
Mais c’est encore et toujours le silence…
J’attends un instant, prêtant l’oreille, mais je ne perçois aucun glissement, aucune respiration contenue. C’est le silence. Un silence épais comme du mortier.
Je redescends l’escalier et je traverse la chaussée afin de regarder les fenêtres du premier étage.
Pourquoi ai-je l’impression de découvrir une silhouette derrière le rideau ?