Je hausse les épaules d’un air affecté et je me dirige vers ma voiture.
Je grimpe dedans et je démarre. Je tourne la première rue sur ma droite. Je stoppe et, en rasant les murs du côté du 10 bis, je reviens à l’immeuble de Gerfault. Je repasse la porte cochère et je grimpe à pas de loup les marches. Je stoppe à hauteur du premier étage et je m’assieds dans l’angle du palier, bien décidé à attendre jusqu’au jugement dernier si besoin est.
Je me mets à griller une cigarette ; puis, j’allume la seconde avec mon mégot.
Un vieillard à barbiche passe devant moi et me regarde avec effarement.
Je lui souris cordialement. Il disparaît en se demandant s’il va prévenir ou non les agents. Puis il doit finir par se dire qu’à notre époque il serait mal venu de crier à la garde parce qu’un costaud est assis dans l’escalier de votre immeuble. Il prend le parti de hausser imperceptiblement les épaules.
J’allume une troisième cigarette en me disant qu’il fait très sérieusement soif lorsque je perçois un bruit derrière la porte.
Je me mets à sourire.
— Cette fois, bonhomme, je murmure, c’est à toi de jouer.
La porte frémit, s’entrouvre, et une magnifique gonzesse apparaît.
Cette sirène, laissez-moi vous la raconter, ça vaut la description.