— Y a-t-il un moyen de lui donner un « coup de fouet » ?
— Peut-être, mais il ne faudrait pas tarder…
— Préparez tout, j’arrive…
Cela dit, vous comprenez que le vieux tordu aux quatorze cheveux me court singulièrement sur les claouis avec ses resucées d’almanach Vermot.
Justement l’employé du wagon-restaurant distribue les additions. Je lâche deux lacsés et je lui dis de garder la mornifle pour assurer à sa vieille mère une fin d’existence douillette et je plante là mon valet de chambre retraité au moment où il se propose de me raconter l’histoire des deux lopes qui ne s’entendaient pas, mais qui refusaient de se séparer parce qu’elles étaient catholiques !
CHAPITRE II
LES GRANDS MOYENS
Un tendre soleil pionce sur Strasbourg lorsque j’y débarque. Je regarde les toits, mais il n’y a pas plus de cigognes que d’intelligence dans les yeux d’un gardien de la paix.
Et je profite de l’occase pour vous faire un aveu : eh bien, chaque fois que je suis venu à Strasbourg, je n’ai pas vu une seule cigogne.
Une voiture noire avec un flic au volant est rangée sur le parvis de la gare. Un type en pardessus mastic et chapeau imperméable se tient debout à côté de la guinde. Pas besoin de suivre des cours du soir pour comprendre qu’il s’agit d’un brave matuche.