La direction de l’hôtel a fait coltiner ses bagages à l’hosto. Il y a eu un petit curieux, soit parmi le personnel de l’hôtel, soit parmi celui de l’hôpital, ce petit curieux a fouinassé dans la valoche du gars et devinez ce qu’il y a trouvé ?

Une bombe, tout simplement… Pas une bombe d’amateur, non, mais un engin tout ce qu’il y a de soi-soi, avec mécanique de précision, détonateur réglable, chauffage central, salle de bains et confort moderne.

Evidemment, le larbin a poussé des cris d’horreur en découvrant cette praline. Les flics sont venus. On a fouillé les papelards du mec, mais il n’avait sur lui qu’une carte d’identité au nom de Cluny qui s’est révélée archifausse. Comme doit incessamment s’ouvrir à Strasbourg une session internationale pour l’élaboration d’un traité de commerce avec l’Allemagne, les flics se sont dit que le type avait sûrement une idée de derrière la tête et ils ont alerté les Services secrets.

Le chef, qui a le nez aussi creux qu’un roman de Pierre Loti, m’a mis sur le coup en se disant que tout ça était tellement louche qu’il fallait un caïd pour donner la lumière…

J’ai commencé par interviewer au fil le médecin chef de l’hôpital, à la première heure.

— Ce type est fichu, m’a-t-il dit… Il meurt rapidement.

— On peut correspondre avec lui ?

— Non, il est à l’intérieur d’un poumon d’acier.

— Faites installer un micro dans le poumon de façon à ce que le moindre chuchotement soit audible.

— Il n’est plus capable, même, de chuchoter…