— Et puis ? je demande…

Il devient triste comme un film de Buñuel.

— Vous ne comprenez pas ? Le caméléon éclate… Il éclate parce qu’on l’avait posé sur du tissu écossais.

Il se marre à nouveau, pour essayer de m’entraîner dans son sillage.

— Ce que c’est drôle, fais-je lugubrement…

Ça le décourage ; il se renfrogne et j’en profite pour méditer tout mon soûl.

Je regarde ma breloque ; elle dit onze heures. Nous arriverons à Strasbourg au début de l’après-midi… Pourvu que j’arrive à temps ! Ça serait le clou si je faisais un voyage là-bas pour des haricots…

Je sais que chaque minute compte. Le médecin de l’hôpital l’a dit au grand boss. Notre client ne passera pas la journée. S’il lui reste encore un atome de vie à mon arrivée, je dois coûte que coûte lui arracher son secret…

L’affaire a débuté tout couennement, comme toujours…

Un type est tombé malade dans l’hôtel où il était descendu à Strasbourg, terrassé par une attaque aiguë de poliomyélite. On l’a collé illico dans un poumon d’acier. Ça c’était hier au soir. Mais le mal ne peut être enrayé et le type est en train de clamser, à moins que ça ne soit déjà fait.