— Qui ça ? demandé-je distraitement…

Le petit vieux aux quatorze cheveux ouvre des yeux interloqués…

— Mais le bonhomme, balbutie-t-il…

— Quel bonhomme ? je continue, l’esprit de plus en plus ailleurs.

— Mais celui qui a acheté un caméléon à ses enfants…

Je reviens sur la terre, si l’on peut dire, puisqu’en l’occurrence je suis dans un rapide lancé à cent quarante à l’heure dans les plaines lorraines.

— Ah oui…

Le petit vieux se masse encore les cheveux… Je regarde son bocal et je me demande si ce sont bien des cheveux ou bien si ce ne sont pas des traits à l’encre de Chine qu’il se fait au pinceau tous les matins.

— Le bonhomme met le caméléon sur un chiffon rouge et le caméléon devient rouge, poursuit-il. Il le pose sur un chiffon noir et le caméléon devient noir… Il le pose sur un tissu écossais et… le caméléon éclate.

Sur ce, le petit vieux se fend le parapluie.