— La garde voulait donner l’alarme, m’annonce cette dernière, je l’en ai empêchée.

— Vous avez bien fait. Continuez à rester tranquilles, je vais revenir…

Une fois sous le porche de la clinique, je renouche en direction de la bagnole. J’espère que les mecs ne vont pas s’impatienter et que Pellegrini ne tardera pas.

Déjà je perçois un ronflement de moteur au loin. Une bagnole débouche à vive allure, freine et s’arrête à la hauteur de la traction.

— Descendez d’ici et les pattes en l’air ! brame Pellegrini.

Une gerbe d’étincelles salue cette invite. Des cris retentissent dans la voiture de mon collègue. La traction recule. La voiture de la police lui barrant la route, les occupants n’ont pas d’autre solution… Les policiers ouvrent le feu, mais la traction recule toujours. Le type qui la pilote en connaît un brin en matière de conduite. Il fait une rapide manœuvre au milieu de la chaussée et se met face à moi. Le faisceau des phares me cueille brusquement. Une volée de balles passe au-dessus de ma tête car j’ai eu la sagesse de me jeter à genoux.

Je lève mon feu et je crache deux pralines pour aveugler la guinde. Comme elle parvient à ma hauteur, je me planque contre le mur et je tire encore deux autres balles. Je perçois un cri. La bagnole se met à zigzaguer et fonce droit sur le rideau de fer d’un marchand de vélos. Ça fait un badaboum du tonnerre. Comble de l’ironie, juste à côté du magasin embouti se trouve un écriteau : « Hôpital, Silence ! »

Je me précipite.

Je crois que pour le troisième degré on pourra repasser. L’un des deux hommes a passé la trombine au travers du pare-brise et le sang gicle de sa carotide tranchée comme d’un robinet d’évier. Quant à l’autre, il a été scalpé par l’une de mes deux dernières balles et ça bouillonne sous son couvercle.

Pellegrini arrive.