— Je vous écoute…
C’est bien ça qui m’embête !
Enfin…
Je lui raconte tout par le menu : mon départ pour Cannes, mon enquête sur les BLA ; la découverte de la fille assassinée, le coup de longue-vue dans l’immeuble voisin, le remplacement du cadavre par une fausse blessée ; l’intervention de la femme de Léopold ; le nettoyage des mecs de la voiture…
— Voilà, conclus-je ; mon traquenard a donné des résultats, mais incomplets. La fille, de toute évidence, ne savait presque rien… Et les hommes sont morts !
— Pourquoi êtes-vous rentré ? demande le boss.
— Parce que j’en avais marre. J’ai eu besoin de changer d’atmosphère…
— Vous avez eu tort.
Il me tend un message long comme ma cuisse. Ce message est signé Pellegrini. Je tique salement en le lisant. Là-dessus, mon collègue de Cannes m’apprend que la souris que j’avais ficelée sur le lit s’est fait la valise. Quand les pétarades ont éclaté, la vraie infirmière et la femme de Pellegrini se sont mises à une fenêtre pour assister au feu d’artifice. Une garde est entrée dans la chambre. Voyant une infirmière ligotée, elle l’a détachée et l’autre n’a pas demandé son reste… Profitant de la confusion, elle s’est trissée à une allure supersonique.
Les deux hommes morts sont deux nervis marseillais, et la voiture est une voiture volée.