Je tire mon Sésame. En voilà un qui ne chôme guère dans mon biseness.

Sans bruit, j’ouvre la lourde. Du moins j’actionne la serrure, car l’ouverture proprement dite de la porte me demande beaucoup plus de temps. Je suis obligé de la soulever en la poussant afin d’éviter tout grincement… Lorsqu’il y a une ouverture suffisante pour laisser le passage à ma carcasse, j’entre.

Ça sent bon. Juste l’odeur que j’ai reniflée à Freudenstadt et à Cannes. Ce parfum angoissant et, troublant, ce parfum de tubéreuse. Ce parfum de la môme Bunks !

Je longe un étroit vestibule et je parviens devant une porte ouverte. Le faux Bunks et sa fausse sœur sont là. Et du coup, je n’ai plus le moindre doute quant à l’usurpation d’identité du premier.

Parce que tous deux font un genre de sport qu’on ne fait en général pas en famille !

Je m’en voudrais d’interrompre un pareil spectacle. L’amour, c’est sacré, ça n’a pas de frontières, pas de loi…

La séance dure un bon quart d’heure encore. Puis, ils restent haletants… Les cheveux blonds de la petite Christia traînent jusqu’à terre.

Pour rompre la félicité de l’instant, je me mets à applaudir à tout berzingue.

Si vous assistiez à ce double saut de carpe ! Si vous voyiez les yeux que me font les deux amoureux ! Je reconnais qu’on pardonne difficilement à un homme d’avoir assisté à un spectacle de ce genre. Eux ne me le pardonneront jamais.

— Commencez par lever les bras le plus haut possible ! je leur demande.