— De vos relations ?
— C’est ça ! Ils ont agi en grands champions de la diplomatie, comme d’habitude… En vous faisant véhiculer le cadavre de mon frère, ils se blanchissaient…
— Attendez, dis-je, je m’y perds… S’ils ont enlevé votre frère, ils savaient donc que ça n’était pas lui que nous arrêterions sous le nom de Bunks.
— Non, mais ils ne s’attendaient en tout cas pas à ce que ce soit Dimitri. Dimitri était un des leurs… avant de faire ma connaissance.
Un sourire triomphant illumine son visage.
— Il les a quittés pour moi. Et moi, afin d’assurer sa sécurité, je l’ai introduit à l’ambassade allemande en prétendant qu’il s’agissait de mon cousin, un autre Bunks… C’est de là qu’est venue la fatale conclusion. Vous avez arrêté Dimitri et je croyais que c’étaient les Soviets qui l’avaient arrêté, et eux croyaient que c’était nous, en représailles à cause de mon frère…
Je n’ai jamais vu une telle partie à ricochet…
Jules croyait que Paul avait fauché la montre de Louis, et Louis croyait que c’était Jules qui avait scrapé la bicyclette de Paul… Ça aurait pu durer longtemps… Dans tout cela, San-Antonio jouait les chiens de rapport… Il camoufle un rapt d’une part, et de l’autre cherche le gibier… Jamais tant de gens à la fois m’ont pris pour une descente de lit usagée ! Jamais on n’a vu à un tel point ridiculiser les mecs du Service secret !
— Le gars à polio de Strasbourg, je demande, qui était-ce ?
— Un homme de chez nous, il transportait une nouvelle bombe soviétique réalisée en commun…