Je soupire…

— Ça ne va pas ? demande Christia.

Je pense que la vie est dégueulasse…

Elle est dégueulasse parce que c’est en effet par hasard que Rachel faisait du stop… C’est uniquement poussée par la curiosité, cette damnée curiosité féminine, qu’elle a fouillé mon portefeuille et mes fringues chez la mère Tapautour. Je l’intriguais, elle se doutait que j’étais un mec pas comme les autres… C’est par hasard aussi qu’elle a trouvé l’épingle de son frère…

Et moi…

Moi, ben, je l’ai butée, salement butée, à cause de tous ces cons qui jouent au plus fortiche et qui me prenaient pour un polichinelle. J’ai buté une simple môme à la recherche de son frangin, une môme que j’avais eue au béguin…

— Vous paraissez bien mélancolique, dit Christia Bunks. C’est la vie qui vous rend triste ? Rassurez-vous, elle ne vous importunera plus longtemps.

Je la regarde, je regarde mon feu qui figure toujours dans ses pognes.

— Ah ! c’est vrai, dis-je… J’avais oublié la situation, tout à nos échanges de confidences… Je devrais bien me douter que vous ne gardez pas cette pétoire pour la mettre sous une cloche de verre avec un bouquet de fleurs d’oranger…

— Toujours le mot pour rire ?