— Il faut bien, je soupire… C’est tout ce qui me reste comme consolation…
— La mort vous fait peur ?
— A peine, je suis un vieux copain à elle…
— Alors, j’espère que vous ferez bon ménage, murmure-t-elle.
Je vois sa main s’élever, le canon de l’arme se hausse au niveau de son visage, son œil droit se ferme…
Son visage se crispe…
Son doigt se replie lentement sur la détente. Et cette détente, je la connais, elle est d’une sensibilité d’artiste. Il suffit de penser à elle et les dragées s’en vont en balade.
Je réalise brusquement qu’entre moi et un cadavre, il y a une différence certes, mais pratiquement inexistante… Et c’est le mot propre.
Je la regarde intensément.
— Attendez une seconde, Christia, dis-je, de ma voix la plus nette. Et ça n’est guère facile d’avoir la voix nette dans un cas semblable.