— Vraisemblablement, il s’agit d’une vengeance. Les Bunks sont favorables à un rapprochement franco-allemand… Karl Bunks était attaché à l’ambassade allemande à Paris ; voici quinze jours qu’on ne l’y avait pas vu… J’ai eu Paris au fil, cette nuit. Sans doute était-il venu dans sa famille… Quelqu’un du pays qui n’admet pas la collaboration nouvelle l’aura rencontré, reconnu et lui aura réglé son compte… Les cas de ce genre abondent… Le décès de ce garçon remonte apparemment, aux dires du major, à une quinzaine en effet !

Je suis ses explications avec l’attention d’un sourd soucieux de ne perdre aucun mouvement de lèvres.

— Sa famille a dû être bouleversée, je murmure.

Il hausse les épaules.

— Les Allemands ont le sens des catastrophes… Ils sont toujours très bien lorsqu’une tuile leur tombe sur le coin de la tête.

Je regarde avec inquiétude le gendarme qui les accompagne.

Le colonel suit mon regard.

— Il ne parle pas français, dit-il.

Je voudrais hasarder une question, mais je n’ose pas trop, de peur de paraître trop curieux.

— Comment personne ne l’a-t-il découvert avant ? je questionne. Voilà qui est curieux, non ?